< Retour au Tila Mag Dans le sac de Dorcas Coppin

Jeune actrice prometteuse, Dorcas Coppin aime Paris et Paris le lui rend bien. Rencontre avec notre parisienne du mois.
Peux-tu me parler de tes projets, de ce que tu fais dans la vie ?

Je m’appelle Dorcas Coppin, je suis actrice, chanteuse et mannequin par moments. Je reviens tout juste de Bali où j’ai tourné mon premier long-métrage. Un premier rôle. Il s’agit d’un film franco-balinais indépendant, c’est un super projet qui raconte un amour un peu impossible entre une jeune française exilée avec sa famille aristocrate et un jeune Balinais d’une famille plus modeste. Il va tomber amoureux d’elle et tenter de la séduire en prenant des cours de piano avec elle…


Qu’est-ce qui t’a amené à poursuivre une carrière en tant qu’actrice ?

J’ai commencé le théâtre assez jeune quand j’habitais encore chez mes parents dans le Nord de la France. J’en ai fait pendant sept ans à l’école. Très vite j’ai su que je voulais me tourner vers cette carrière, sans vraiment savoir pourquoi à l’époque. Puis après l’obtention de mon Bac, je suis partie pour Paris, je venais d’avoir dix-neuf ans. J’ai intégré une première école parisienne mais l’expérience a été mauvaise et m’a presque dégoûtée du métier. J’ai rencontré beaucoup de gens sympathiques. Quand on n’y connaît rien à ce milieu, on est encore naïf et on s’attend à un monde merveilleux. Puis l’on se rend compte que ça ne marche pas comme ça… J’ai décidé d’intégrer une seconde école après une année “sabbatique”. J’ai tourné dans pas mal de publicités ce qui m’a permis d’appréhender le monde du tournage, la caméra, les plateaux… J’ai eu envie de continuer alors j’ai suivi une formation de quatre ans dans un studio d’acteurs qui s’appelle Actor’s Factory, créé par une Américaine. J’y ai beaucoup appris. Beaucoup d’écoles à Paris n’ont pas cette approche organique, la méthode d’apprentissage est très cérébrale et on ne vit pas avec les émotions, alors que le métier d’acteur consiste quand même à créer une personne et à vivre des choses.


C’est très intéressant de voir aussi, de voir comment chacun est arrivé par des voies différentes au métier d’acteur mais que l’origine se trouve toujours dans un ressenti, une émotion.

Beaucoup sont attirés par ce métier pour les mauvaises raisons. Il faut savoir que ce n’est pas un métier facile parce qu’il est très instable. Les acteurs sont souvent dans le flou et même les superstars ont toujours de nouvelles problématiques. C’est un métier où l’on attend constamment : un casting, une réponse, un tournage, la sortie d’un film. On ne sait pas de quoi le lendemain sera fait. Mais c’est un métier tellement vivant qu’on a autant d’occasions de se rappeler pourquoi on le fait. Il y a des moments de doutes, mais il n’y a pas de meilleur sentiment que de sortir fatigué d’une scène parce qu’on l’a vécue pleinement.
 
Tu es arrivée à Paris à dix-neuf ans. Quel est-ton rapport à la capitale aujourd’hui ?

J’adore Paris. C’est une ville magnifique avec une atmosphère qui s’en dégage. On se croirait être un personnage d’un film de Godard. J’ai un rapport très humain à la ville, sûrement parce que je viens du Nord, et je me demande si je vivrai à Paris toute ma vie car j’adore la nature. Je suis heureuse quand je peux partir en weekend, mais malgré tout Paris est une ville où je me sens bien. Je rêve quand même de ranchs à la campagne, de Camargue… Je suis une grande amoureuse des animaux et je rêve depuis l’enfance de créer un sanctuaire pour recueillir les animaux destinés à partir à l’abattoir ou ceux qui ont été abandonnés. Je ne suis pas sûre que je pourrai arriver à réaliser ce rêve à Paris… Je suis arrivée ici à dix-neuf ans, et selon moi la vingtaine sont les années les plus importantes pour se construire. Je me suis énormément construite au-delà de ma carrière ici. J’ai rencontré mon amoureux, qui va devenir mon mari et le père de mes enfants. Il vient du Sud, et sans notre métier commun et la ville de Paris, nous ne nous serions jamais rencontrés. Une raison de plus pour adorer Paris et la trouver magnifique.


Pourrais-tu décrire ton style en quelques mots ? Quel est ton rapport à la mode ?

J’ai une relation d’amour / haine avec la mode. Je l’adore autant que je peux la détester parce que je ne crois pas à la surconsommation et au tendances abusives. J’aime quand même rester à la page et je suis contente de voir que depuis un ou deux ans, la mode évolue en faveur de la nature et de l’écologie. J’aime beaucoup le vintage. J’ai fait du mannequinat pour une marque qui s’appelle Les Récupérables et qui a été l’une des premières à lancer ce mouvement qui consiste à récupérer les chutes de tissus. Je suis pour une mode durable. Mon style est très évolutif, et c’est pour ça que mes armoires débordent ! J’aime le côté très casual, je ne suis pas très “girly”. Je préfère les baskets aux talons et j’aime les gros pulls, les vestes en cuir. Mon style varie selon mes humeurs.


Y a-t-il a des femmes, des Parisiennes, qui t’inspirent au quotidien ?

Il y a constamment des femmes qui m’inspirent autour de moi, de plus en plus de femmes indépendantes qui vont se permettre de défendre ce qu’elles aiment. Je pourrais en citer des nouvelles tous les jours mais si je devais penser à trois femmes pour différentes raisons, il y aurait Angelina Jolie (que j’adore pour son combat auprès des enfants en Afrique et son émancipation en tant que réalisatrice engagée), Simone Veil pour ce qu’elle a fait pour les droits de la femme, un sujet encore très actuel, et parce qu’elle a inspiré une génération de femmes qui mènent des actions aujourd’hui. Puis j’admire Brigitte Bardot pour son combat pour les animaux, ça me touche personnellement. Elle peut être extrême dans ses propos mais c’est une cause qui me tient à cœur parce que les animaux n’ont pas de mots, c’est à nous de prendre la parole pour les défendre et elle le fait magnifiquement bien.
 
Qu’est-ce qui te plaît dans ton sac TILA MARCH, et que peut-on y trouver ?

J’adore sa couleur parce qu’elle se distingue de tous mes autres sacs. J’aime son design très féminin et le fait qu’il soit contenant. J’adore les petits sacs mais je ne peux rien mettre dedans… J’ai toujours plein de choses dans mon sac : des mouchoirs (je suis toujours enrhumée !), par exemple. J’aime partir de chez moi le matin, je suis rarement à la maison en journée, donc je prends une paire de gants, un Labello (parce que je me maquille rarement pendant la journée), un gel pour les mains, une paire de lunettes de soleil, mon portefeuille, un carnet où j’écris des chansons, des pensées… J’ai aussi mon chargeur d’iPhone, et en général j’ai aussi du sel ! C’est un peu bizarre, je sais, mais j’adore le sel et mes copines m’en ramènent toujours quand elles rentrent de voyage. J’ai aussi souvent un rouge à lèvres si je suis amenée à sortir le soir, un foulard en soie, un peigne (pas mal pour celles qui ont les cheveux courts). On y trouve aussi une barre de céréales, j’ai souvent faim.


Qu’est-ce qu’on ne trouvera jamais dans ton sac ?

Des cigarettes parce que j’ai arrêté de fumer depuis un an et demi. C’est aussi rare que j’aie du maquillage dans mon sac à part mon rouge à lèvres.


As-tu des endroits à conseiller à Paris, des lieux fétiches ?

Notre QG à Paloma, Victoria et moi, c’est le Marco Polo dans le 6ème arrondissement. C’est une vieille institution, un restaurant italien où l’équipe est très sympathique. Un autre lieu que j’adore (parce que c’est vegan et super bon !), c’est le Jah-Jah. Je passe au moins une heure tous les jours à la salle de sport à Saint-Germain où je suis un cours de yoga sur du hip-hop ! J’aime aussi beaucoup me rendre au Jardin des Plantes pour m’y poser. C’est en face de chez moi et c’est sublime. Il y a un petit jardin un peu secret dans lequel on rentre par l’entrée des jardiniers, et peu de gens le savent. Il y a des plantes tropicales, des canards… Je vais souvent là-bas pour méditer, pour lire, pour travailler. Il y a aussi un restaurant de l’un de mes amis qui s’appelle Takaramono à côté de la Gare de l’Est. Leurs tapas sont exceptionnels. Je passe aussi beaucoup de temps au cinéma,  j’aime aller au Hoxton prendre un café, un verre.


As-tu un message pour les Parisiennes qui te liront ?

Soyez vous-mêmes. La meilleure solution est de ne pas chercher à ressembler aux autres, car c’est très facile de se laisser embarquer, de vouloir plaire. Toujours rester fidèle à soi-même c’est la solution à tout, toujours se rappeler ça même quand on a l’impression que les portes vont se refermer. Il n’y a qu’en étant soi-même que l’on réussit à accomplir des choses et à être heureux.

Photographie par Andrea Bresciani

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